eyaz fon üzerinde Putin, Macron ve Donald Tusk’ın portreleri; NATO ve AB simgeleri, insansız hava aracı, gemi ve enerji borularından oluşan kolaj.

L’Europe en alerte face à la Russie : l’unité de l’OTAN est-elle la cible ?

Les avertissements successifs des dirigeants européens alimentent la crainte de voir la guerre en Ukraine s’étendre au territoire de l’OTAN. Les scénarios autour du corridor de Suwałki soulèvent une question autant politique que militaire : face à une attaque limitée, l’Europe serait-elle capable d’agir de concert ?
eyaz fon üzerinde Putin, Macron ve Donald Tusk’ın portreleri; NATO ve AB simgeleri, insansız hava aracı, gemi ve enerji borularından oluşan kolaj.

Les effets de la guerre en Ukraine se font désormais sentir bien au-delà du front. L’attaque massive de drones menée le 20 septembre dans la région de Moscou, qui a endommagé une raffinerie de la capitale, a une nouvelle fois souligné la place centrale des infrastructures énergétiques dans ce conflit. Parallèlement, la multiplication présumée des opérations hybrides en Europe — violations de l’espace aérien, soupçons de sabotage et menaces contre les infrastructures critiques — suscite une inquiétude croissante.

L’avertissement du Premier ministre polonais Donald Tusk concernant de possibles attaques sur le territoire de l’OTAN a donné davantage de poids à ces craintes. En réunissant, le 18 septembre, des responsables politiques et des représentants des services de renseignement, Emmanuel Macron a lui aussi marqué une évolution dans la perception française de la menace.

Ces développements laissent penser que les gouvernements européens préparent leurs populations à un contexte sécuritaire plus tendu. Toute la question est de savoir si cette préparation peut renforcer la dissuasion tout en limitant la peur et le risque d’une escalade réciproque.

La véritable épreuve : la volonté de l’OTAN d’agir ensemble

Les opérations hybrides attribuées à la Russie pourraient viser à faire comprendre aux pays européens que leur soutien à l’Ukraine a aussi un coût pour leur propre sécurité. Cyberattaques, sabotages et pressions militaires peuvent, dans cette perspective, servir un même objectif politique : nourrir un sentiment d’insécurité, fragiliser les gouvernements et creuser les divergences entre alliés.

Dans une telle stratégie, l’incertitude provoquée chez l’adversaire compte autant que l’ampleur de l’attaque. Un sabotage dont l’attribution reste contestée ou un incident frontalier limité pourrait diviser les membres de l’OTAN sur la réponse à apporter. Ce ne sont donc pas seulement les systèmes de défense aérienne ou les effectifs militaires qui sont mis à l’épreuve, mais aussi la capacité à partager une même lecture de la menace et à prendre des décisions à temps.

C’est précisément pour cette raison que le corridor de Suwałki retient l’attention. Cette étroite bande située à la frontière entre la Pologne et la Lituanie, entre l’enclave russe de Kaliningrad et le Bélarus, assure la liaison terrestre des pays baltes avec le reste de l’OTAN. Une interruption des axes de transport dans cette zone pourrait sérieusement compliquer l’acheminement de renforts par voie terrestre.

Une attaque remettrait au premier plan la portée politique de l’article 5 du traité de l’Atlantique Nord. Celui-ci repose sur le principe selon lequel une attaque armée contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Chaque allié apporte toutefois l’aide qu’il juge nécessaire, y compris par l’emploi de la force armée : aucun mécanisme n’impose automatiquement une réponse militaire identique à tous les pays. La crédibilité de la solidarité entre alliés dépend donc aussi de la rapidité et de la cohérence de leur réaction.

Les déclarations des dirigeants européens ne peuvent pas non plus être dissociées des enjeux de politique intérieure. Mettre l’accent sur la menace sécuritaire peut faciliter l’adhésion à une hausse des dépenses de défense et faire accepter des sacrifices économiques. Pour des gouvernements confrontés à la cherté de la vie et aux difficultés budgétaires, ce discours peut aussi remplir une fonction politique.

Pour la Turquie, ces tensions ne sauraient être réduites à une lointaine question balte. Une escalade entre l’OTAN et la Russie pourrait fragiliser le commerce maritime, les infrastructures énergétiques et la sécurité régionale en mer Noire. C’est pourquoi la proposition d’Ankara à Moscou et à Kyiv visant à mettre fin aux attaques contre les navires civils en mer Noire revêt une importance particulière.

Le monde subit, dans le même temps, les répercussions croissantes d’une autre guerre. Le conflit en Iran perturbe les flux énergétiques du Golfe et met sous pression les routes maritimes qui s’étendent du détroit d’Ormuz à celui de Bab el-Mandeb. Une dépêche de Reuters datée du 21 septembre fait état des difficultés qui pèsent sur le trafic maritime le long de ces axes.

L’interaction croissante entre les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, par le biais de l’énergie, du commerce et de la sécurité, relance la question d’une possible troisième guerre mondiale. Dans ce contexte, la priorité est de préserver les voies diplomatiques susceptibles d’empêcher l’extension des guerres. C’est là que la capacité de la Turquie à maintenir le dialogue, en mer Noire comme dans les crises régionales, prend toute son importance : la prochaine grande guerre pourra être évitée non seulement par la dissuasion, mais aussi par un dialogue engagé à temps.

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