Donald Trump’ın merkezde yer aldığı; Türkiye, İran, İsrail, Filistin, Körfez ülkeleri ve Washington’ı simgeleyen minimalist Orta Doğu kolajı.

Quel est le projet « beaucoup plus vaste » que Trump prépare pour le Moyen-Orient ?

Alors que la guerre avec l’Iran n’est pas encore terminée, Donald Trump prépare déjà le Moyen-Orient de l’après-guerre. La nouvelle stratégie à l’étude à Washington vise à contenir l’Iran, à mettre fin aux conflits régionaux et à normaliser les relations entre Israël et ses voisins. Mais pour que l’ordre envisagé par Trump puisse voir le jour, les États-Unis auront surtout besoin de la Turquie.
Donald Trump’ın merkezde yer aldığı; Türkiye, İran, İsrail, Filistin, Körfez ülkeleri ve Washington’ı simgeleyen minimalist Orta Doğu kolajı.

Selon Axios, qui cite des responsables américains et des sources proches des discussions, l’administration Trump élabore une stratégie globale pour le Moyen-Orient de l’après-guerre avec l’Iran. Encore à l’état d’ébauche, ce plan doit orienter la politique américaine dans la région durant les deux dernières années du mandat de Trump. Le président aurait récemment tenu au moins deux réunions avec ses principaux conseillers et confié en privé travailler sur « quelque chose de beaucoup plus vaste » au Moyen-Orient.

Le premier pilier du plan consiste à limiter l’influence régionale de l’Iran. Washington souhaite réunir Israël et ses alliés arabes au sein d’une architecture de sécurité plus étroite, placée sous garantie américaine. L’objectif est de ne plus faire reposer la dissuasion face à Téhéran sur Israël seul, mais de constituer un front plus large dans lequel les partenaires régionaux des États-Unis partageraient les responsabilités.

Le deuxième pilier vise à mettre un terme, autant que possible, à l’enchaînement de conflits déclenché par les attaques du 7 octobre 2023. Washington entend passer à l’étape suivante de son plan pour Gaza, parvenir à un accord de sécurité entre Israël et la Syrie et mettre en œuvre l’accord conclu entre Israël et le Liban. Les États-Unis veulent ainsi traiter les crises à Gaza, en Syrie et au Liban non comme des dossiers séparés, mais comme les différentes composantes d’un même ordre régional.

Cet objectif restera toutefois difficile à atteindre sans règlement politique durable à Gaza. Plusieurs questions fondamentales demeurent sans réponse : l’avenir des Palestiniens, la gouvernance de l’enclave, le désarmement du Hamas et le maintien de forces israéliennes sur le territoire. Tant qu’aucune perspective crédible de création d’un État palestinien ne sera proposée, la fin des combats ne signifiera pas nécessairement la fin de la crise régionale.

Le troisième pilier repose sur l’élargissement des accords d’Abraham. La priorité de Trump est de parvenir à l’établissement de relations diplomatiques entre l’Arabie saoudite et Israël.

Riyad affirme toutefois qu’aucune normalisation ne pourra avoir lieu sans l’ouverture d’une voie concrète et et crédible vers un État palestinien. De son côté, l’administration Trump conditionne la coopération nucléaire civile réclamée par l’Arabie saoudite à son adhésion aux accords d’Abraham. Une contradiction majeure apparaît donc au cœur du projet : Washington veut intégrer pleinement Israël dans la région sans résoudre au préalable la question palestinienne.

Le plan ne peut aboutir sans la Turquie

Le rôle de la Turquie n’est pas clairement défini dans le projet rapporté par Axios. Ankara est pourtant présente dans presque tous les dossiers concernés. Compte tenu de son influence militaire et politique en Syrie, de sa place dans la diplomatie autour de Gaza, de son appartenance à l’OTAN, de ses capacités de défense et du renforcement de ses relations avec les pays du Golfe, la Turquie ne peut être tenue à l’écart.

La Syrie pourrait devenir le terrain le plus concret de la coopération turco-américaine. Ankara et Washington soutiennent tous deux la mise en place d’un pouvoir central stable à Damas. Le renforcement de la présence militaire et politique turque dans le pays suscite néanmoins un profond sentiment de menace en Israël. Les efforts américains pour instaurer un mécanisme de déconfliction entre la Turquie, Israël et la Syrie montrent que cette rivalité constitue désormais un problème de sécurité qui doit être directement maîtrisé.

À Gaza, la Turquie soutient les initiatives de Trump en faveur d’un cessez-le-feu et de la reconstruction, tout en s’opposant au déplacement des Palestiniens et à la disparition de toute perspective d’État palestinien. Les canaux de communication qu’Ankara entretient avec le Hamas, ainsi que ses relations avec les gouvernements arabes, représentent un levier diplomatique précieux pour Washington. La Turquie pourrait donc à la fois contribuer à la mise en œuvre du plan américain et en rééquilibrer le volet palestinien.

La Turquie n’agit par ailleurs plus uniquement comme un allié de l’OTAN intégré au système de sécurité dirigé par les États-Unis. L’Accord de défense conjoint de La Mecque, signé avec l’Arabie saoudite et le Pakistan, témoigne de la volonté d’Ankara de bâtir ses propres partenariats régionaux. La décision des trois pays de créer un secrétariat commun laisse penser que cette initiative pourrait dépasser le stade d’une simple déclaration politique symbolique.

Cette évolution représente à la fois une occasion et un défi pour la stratégie de Trump. La coopération militaire entre la Turquie, l’Arabie saoudite et le Pakistan pourrait indirectement contribuer à contenir l’Iran. Mais ce même ensemble pourrait aussi devenir un axe de sécurité autonome, défendant ses propres priorités au lieu de s’intégrer pleinement à un ordre américain centré sur Israël.

Le projet que Trump décrit comme « beaucoup plus vaste » ne consiste donc pas seulement à affaiblir l’Iran. Son véritable objectif est de transformer le vide de puissance créé par la guerre en un nouvel ordre dans lequel les États-Unis assumeraient moins de coûts, Israël serait davantage intégré à la région et les partenaires de Washington prendraient une plus grande part de la responsabilité sécuritaire.

La Turquie n’acceptera toutefois pas de jouer le rôle d’un simple auxiliaire d’Israël au sein de ce système. Elle cherchera à s’y imposer comme une puissance régionale indépendante. En définitive, la réussite du plan de Trump dépendra non seulement du degré d’affaiblissement de l’Iran, mais aussi de la capacité de Washington à maîtriser la rivalité de plus en plus vive entre la Turquie et Israël.

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