Netanyahu ve Muhammed bin Selman’ın portreleri, Türkiye, Suudi Arabistan ve Pakistan bayrakları ile Sana evlerini birleştiren kolaj.

Israël cherche-t-il à rallier l’Arabie saoudite pour affaiblir l’alliance de La Mecque ?

– Les attaques houthies contre l’Arabie saoudite ont placé la quête de sécurité de Riyad au cœur d’une rivalité entre puissances régionales. Israël entend transformer ce besoin de protection en une occasion de normaliser les relations, tandis que le partenariat noué avec la Turquie et le Pakistan témoigne d’un autre choix stratégique saoudien. L’avenir de l’alliance de La Mecque dépendra toutefois de sa capacité à dissuader de nouvelles attaques sans se laisser entraîner dans une nouvelle guerre.
Netanyahu ve Muhammed bin Selman’ın portreleri, Türkiye, Suudi Arabistan ve Pakistan bayrakları ile Sana evlerini birleştiren kolaj.

Les missiles qui frappent les aéroports et les drones qui visent les infrastructures énergétiques menacent autant la sécurité de l’Arabie saoudite que ses ambitions économiques. Pour Riyad, faire cesser ces attaques est une urgence. Mais le choix du partenaire qui lui apportera cette protection, et la relation politique qui se nouera en contrepartie, pourraient avoir des conséquences bien plus importantes que les modalités techniques de la défense antiaérienne.

C’est dans ce contexte que la dernière initiative de Netanyahou prend tout son sens. Selon les sources diplomatiques citées par Haaretz, Israël aurait proposé, par l’intermédiaire des États-Unis, de participer aux opérations contre les Houthis. Mohammed ben Salmane aurait rejeté cette offre, craignant une réaction hostile de l’opinion publique saoudienne.

Pour Netanyahou, la logique politique est claire : une coopération sécuritaire face à une menace commune pourrait faciliter la levée des obstacles à un accord diplomatique. Le rapprochement, bloqué par la question palestinienne, pourrait ainsi revenir à l’ordre du jour à la faveur des besoins immédiats de défense du royaume. Le refus rapporté de Mohammed ben Salmane indique toutefois que même cet impératif de sécurité ne conduira pas Riyad à normaliser ses relations avec Israël ni à signer les accords d’Abraham.

De la dépendance extérieure à la sécurité collective

C’est précisément là que réside l’importance stratégique de l’alliance de La Mecque. Le partenariat entre la Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite offre aux pays de la région la possibilité de réduire leur dépendance à l’égard des garanties de sécurité fournies par des puissances extérieures. Le rapprochement entre Ankara et Riyad dépasse ainsi le rétablissement des relations diplomatiques pour ouvrir une phase de responsabilités partagées.

S’engager à protéger un pays ne signifie cependant pas participer à toutes les guerres qu’il mène. En affirmant que la Turquie ne prendra pas part à des opérations offensives, Hakan Fidan a clairement marqué cette distinction. Le Pakistan l’a également soulignée en précisant que ses forces n’entreraient pas au Yémen pour attaquer les Houthis. Selon les déclarations actuelles, l’objectif est de renforcer les capacités de défense saoudiennes. La réussite de l’alliance tiendra donc à sa capacité à protéger Riyad sans entraîner ses membres dans une guerre au Yémen aux contours indéfinis.

Les liens historiques entre la Turquie et le Yémen laissent entrevoir un rôle important pour Ankara dans la recherche de la paix. Sa contribution la plus précieuse pourrait consister à compléter son soutien défensif par des efforts diplomatiques susceptibles de réunir les différents acteurs yéménites autour de la table des négociations. Faciliter l’acheminement de l’aide humanitaire, soutenir un cessez-le-feu et appuyer les négociations sous l’égide de l’ONU permettraient d’envisager ensemble la sécurité du peuple yéménite et celle de l’Arabie saoudite.

Encore faut-il que l’alliance ne devienne pas l’instrument d’un affrontement confessionnel. Les objectifs de défense collective et de règlement pacifique affichés par ses membres fondateurs dessinent un cadre plus large qu’une confrontation avec un État en particulier. Le soutien de l’Iran aux Houthis ne signifie pas que Téhéran dicte chacune de leurs décisions. Une approche qui ferait abstraction des dynamiques politiques propres au Yémen pourrait obtenir des résultats militaires, mais elle ne saurait instaurer une paix durable.

L’annonce faite par l’Égypte le 13 octobre, selon laquelle elle envisageait sérieusement de rejoindre l’alliance, témoigne du potentiel d’élargissement de ce partenariat. De nouvelles adhésions pourraient lui apporter un poids diplomatique accru, au-delà des capacités militaires supplémentaires.

L’accueil favorable réservé par Trump au soutien turc et pakistanais à l’Arabie saoudite laisse penser que Washington ne considère pas, pour l’heure, cette alliance comme entièrement contraire à ses intérêts. Mais alléger la charge assumée par les États-Unis et renforcer l’autonomie de décision des pays de la région sont deux objectifs distincts. À mesure que l’alliance de La Mecque se consolidera, l’écart entre ces deux attentes pourrait apparaître plus nettement.

La prochaine étape de cette rivalité ne se jouera donc pas uniquement au Yémen. Les relations d’Israël avec le Somaliland et les activités des Émirats arabes unis à Berbera attirent l’attention sur l’autre rive du détroit de Bab el-Mandeb. Les alliances d’Abou Dhabi au Yémen montrent, elles aussi, que les intérêts des monarchies du Golfe sont loin de coïncider pleinement.

Israël cherchera à fragiliser cette solidarité susceptible de restreindre sa marge de manœuvre. Mais avant de faire face aux initiatives extérieures, l’alliance de La Mecque devra relever son principal défi : gérer les divergences d’intérêts entre ses propres membres. Car l’autonomie régionale ne s’acquiert pas par la seule signature d’un accord, mais par la capacité à décider ensemble lorsqu’une crise éclate.

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