Çin Devlet Başkanı Şi Cinping ile Mısır Cumhurbaşkanı Abdulfettah es-Sisi’nin önünde Çin ve Mısır bayrakları; arka planda Süveyş Kanalı, piramitler, liman ve ABD’yi simgeleyen unsurlar.

Xi Jinping en Égypte : la Chine fait-elle son retour au Moyen-Orient ?

Alors que les États-Unis cherchent à réaffirmer leur suprématie militaire au Moyen-Orient à travers la guerre contre l’Iran, la Chine opère un retour remarqué par l’intermédiaire de l’un des pays les plus stratégiques de la région : l’Égypte. La visite de Xi Jinping au Caire suggère que Pékin se prépare à peser sur le nouvel ordre régional sans affronter directement Washington.
Çin Devlet Başkanı Şi Cinping ile Mısır Cumhurbaşkanı Abdulfettah es-Sisi’nin önünde Çin ve Mısır bayrakları; arka planda Süveyş Kanalı, piramitler, liman ve ABD’yi simgeleyen unsurlar.

La visite du président chinois Xi Jinping en Égypte, la première depuis dix ans, dépasse largement le cadre d’un déplacement diplomatique ordinaire. Il s’agit également de son premier voyage au Moyen-Orient depuis 2022. Difficile, dès lors, de considérer son calendrier comme anodin.

À travers la guerre menée contre l’Iran aux côtés d’Israël, les États-Unis cherchent à réaffirmer leur suprématie militaire au Moyen-Orient. L’objectif de Washington ne consiste pas seulement à affaiblir Téhéran, mais aussi à démontrer que les États-Unis demeurent au cœur de l’architecture sécuritaire qui s’étend du Golfe à la Méditerranée orientale. C’est dans ce contexte que la Chine revient sur le devant de la scène en s’appuyant sur l’Égypte, l’un des principaux partenaires régionaux de Washington.

En 2023, Pékin avait remporté un important succès diplomatique en facilitant le rétablissement des relations entre l’Arabie saoudite et l’Iran. Cet accord avait montré que la Chine ne voulait plus être uniquement un acheteur de pétrole et un investisseur au Moyen-Orient. Elle entendait également s’imposer comme un acteur politique et un médiateur.

Les guerres à Gaza et au Liban, puis le conflit avec l’Iran, ont toutefois révélé les limites de l’équilibre que la Chine tentait de construire. Pékin n’a pu empêcher l’escalade, protéger l’Iran ni exercer une influence décisive sur les développements militaires dans la région. Son poids économique ne cesse de croître, mais la Chine ne dispose toujours pas d’un réseau de bases, d’alliances et de capacités opérationnelles comparable à celui des États-Unis.

Sous cet angle, la guerre contre l’Iran peut également être interprétée comme l’un des fronts indirects de la rivalité sino-américaine. L’Iran compte parmi les principaux partenaires énergétiques de la Chine. Pékin achetant plus de 80 % des exportations iraniennes de pétrole, les pressions militaires et économiques exercées par Washington sur Téhéran menacent indirectement la sécurité énergétique chinoise ainsi que les itinéraires liés aux Nouvelles Routes de la soie. La Chine ne peut donc pas considérer l’affaiblissement de l’Iran comme une évolution strictement régionale.

Le choix de l’Égypte ne doit rien au hasard

L’Égypte constitue l’une des portes d’entrée les plus stratégiques pour l’expansion de l’influence chinoise au Moyen-Orient. Elle contrôle le canal de Suez, se situe au carrefour du monde arabe et de l’Afrique et reçoit chaque année environ 1,3 milliard de dollars d’aide militaire américaine. En approfondissant ses relations avec Le Caire, Pékin se ménage ainsi une place dans une zone traditionnellement dominée par Washington.

Au cours de sa visite, Xi Jinping a déclaré que les pays de la région devaient être « maîtres de leur propre destin » et appelé à la mise en place d’une nouvelle architecture de sécurité au Moyen-Orient, affranchie des ingérences extérieures. La Chine et l’Égypte ont décidé d’approfondir leur coopération dans les domaines de la sécurité, de la lutte contre le terrorisme, des semi-conducteurs, des centres de données, des minerais critiques et du commerce en monnaies nationales. Le récent exercice aérien conjoint entre les deux pays montre également que leur rapprochement ne se limite plus à l’économie.

Les investissements chinois en Égypte, qui dépassent désormais 10 milliards de dollars, ainsi que la forte présence de Pékin dans la zone économique du canal de Suez constituent le socle économique de cette stratégie. La Chine ne cherche pas à répondre à la supériorité militaire américaine par les mêmes moyens. Elle bâtit plutôt une influence de long terme à travers les ports, l’industrie, les technologies, l’énergie et la finance.

La visite de Xi Jinping au Caire envoie finalement un message clair : Pékin n’a aucune intention de laisser Washington et Israël façonner seuls le Moyen-Orient de l’après-guerre. L’Égypte pourrait bien constituer le point de départ de la prochaine offensive diplomatique chinoise dans la région.

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