Hakan Fidan’ın merkezde yer aldığı, Türkiye ve ASEAN bayrakları, Güneydoğu Asya haritası, KAAN savaş uçağı, diplomatik görüşmeler ve ticaret gemileriyle Türkiye’nin Asya açılımını anlatan kolaj.

De la tournée diplomatique au partenariat avec l’ASEAN : la Turquie renforce son ancrage en Asie du Sud-Est

La tournée effectuée le mois dernier par le ministre des Affaires étrangères Hakan Fidan en Asie, avec des étapes à Singapour, en Indonésie, en Corée du Sud et au Bangladesh, a montré que la Turquie cherchait à construire dans la région une politique plus durable et plus multidimensionnelle. Peu après ces déplacements, l’admission de la Turquie, ce mois-ci, au statut de partenaire de dialogue de l’ASEAN a démontré que cette activité diplomatique avait débouché sur un résultat concret.

La Turquie était partenaire de dialogue sectoriel de l’ASEAN depuis 2017. Son accession au statut de partenaire de dialogue signifie que les relations passent désormais à un niveau plus global, plus approfondi et plus institutionnalisé. Ankara bénéficie ainsi de nouvelles possibilités pour renforcer ses liens avec l’une des régions les plus dynamiques de l’économie mondiale, qui compte près de 700 millions d’habitants, non seulement dans le domaine commercial, mais également en matière de diplomatie, de sécurité, de technologie et d’industrie de défense.

Chacun des pays visités par Hakan Fidan occupe une place spécifique dans cette stratégie. Singapour constitue un centre majeur dans les domaines de la finance, de la logistique et des technologies. La Corée du Sud est une grande puissance industrielle avec laquelle la Turquie peut diversifier ses partenariats dans l’industrie et les hautes technologies. L’Indonésie est le pays le plus peuplé de l’ASEAN et l’un des principaux pôles politiques de la région. Le Bangladesh, avec sa population nombreuse, son économie en croissance et sa position stratégique en Asie du Sud, figure également parmi les pays avec lesquels Ankara souhaite approfondir ses relations.

L’industrie de défense constitue l’un des volets les plus marquants de cette ouverture. L’accord conclu entre la Turquie et l’Indonésie pour l’exportation de 48 avions de combat KAAN revêt une portée qui dépasse largement le cadre d’une simple vente. L’Indonésie est devenue le premier client étranger de l’avion de combat turc de cinquième génération, encore en cours de développement. Cet accord, qui prévoit également un partage de technologies, une production conjointe et une coopération industrielle à long terme, montre que la Turquie ne se contente plus de vendre des équipements de défense. Ankara joue désormais un rôle direct dans le développement des capacités militaires et industrielles de ses partenaires.

La visite officielle de cinq jours en Turquie du général Waker-Uz-Zaman, chef d’état-major de l’armée de terre bangladaise, constitue un autre élément de cette dynamique. Reçu par le ministre de la Défense nationale Yaşar Güler, le général Waker-Uz-Zaman a notamment abordé la formation militaire, le partage de technologies, les systèmes d’artillerie, les drones ainsi que les installations de l’industrie de défense turque.

Le quotidien indien The Economic Times a analysé cette visite non seulement sous l’angle des relations entre la Turquie et le Bangladesh, mais également dans le cadre d’une coopération de défense plus large qui se développe entre Ankara, Islamabad et Dacca. Cette lecture laisse apparaître la constitution progressive d’un nouvel espace de diplomatie militaire turque s’étendant du Pakistan au Bangladesh.

De la tournée diplomatique au partenariat avec l’ASEAN : la Turquie renforce son ancrage en Asie du Sud-Est
Le ministre de la Défense nationale Yaşar Güler a reçu le général Waker-Uz-Zaman, chef d’état-major de l’armée de terre bangladaise.

Pris dans leur ensemble, ces développements font apparaître une tendance claire : la Turquie ne souhaite plus conduire sa politique étrangère en restant principalement dépendante de l’Europe, des États-Unis ou de ses partenaires au sein de l’OTAN. Tout en préservant ses relations avec l’Occident, elle cherche à diversifier ses partenaires, ses marchés et ses sources de technologie en développant des relations solides en Asie. Une dépendance excessive à l’égard d’un seul centre de pouvoir réduit en effet la marge de manœuvre de la Turquie en période de crise.

En définitive, dans un ordre mondial en pleine transformation, Ankara ne veut pas apparaître comme un pays contraint de choisir entre deux blocs, mais comme une puissance indépendante capable de construire simultanément des partenariats avec plusieurs régions du monde.

89
0
1

Vous avez aimé cet article ?

Soutenez le journalisme indépendant. Choisissez votre badge sponsor.

Autres articles

0 Commentaires
Le plus ancien
Plus récent
Soutenez mon travail indépendant
Choisissez votre badge et rejoignez les sponsors.
89
0
1

Soutenez mon travail indépendant.

Soutenez le journalisme indépendant. Choisissez votre badge sponsor.